Enseignement |

Séminaire de Dinah Ribard

2015-1018 : Histoire et récits du travail

2017-2018 : Histoire et récits du travail : Questions d'écriture

7 novembre : introduction

14 novembre : introduction 2

21 novembre : La police des mines et le style des charbonnages I

28 novembre : pas de séminaire

5 décembre : La police des mines et le style des charbonnages II

12 décembre : Usages de la règle. Les lettres de cachet imprimées I : travail et charité

19 décembre : Usages de la règle. Les lettres de cachet imprimées II : travail et charité

9 janvier : Usages de la règle. Les lettres de cachet imprimées III : bilan provisoire

16 janvier : Retour rue Guénégaud.

23 janvier : L’ornement. Au cœur du travail.

30 janvier : Teinturiers et perruquiers

6 février : Poètes verriers

13 février : Bilan

2016-2017 : Histoire et récits du travail : Questions d'écriture

Les recherches, au cours de l’année 2016-17, se sont déployées dans trois directions et trois séminaires.

Dans le séminaire « Histoire et récits du travail. Questions d’écriture », la réflexion s’est organisée autour de la présence de l’écriture à l’expérience de travail. L’étude de deux cas de poètes ouvriers, un cordonnier et un potier, a montré la place que tenait dans le phénomène éditorial et politique de la poésie ouvrière l’affirmation d’un écart grandissant entre le travail et l’écriture. Plusieurs séances ont été consacrées, de là, au rôle important joué par l’écrit, historiquement, dans le monde des potiers. Un autre ensemble de séances a abordé la question des écritures règlementaires. On s’est intéressé aux alliances dans le monde des métiers parisien du plus grand rédacteur de statuts de métier du XVIIe siècle, à la publication de dispositifs concernant l’horlogerie par un horloger et à la préparation d’un édit par des arrangements collectifs passés devant notaire par des graveurs et des peintres. Les règlements ne sont pas des sources sur les pratiques ni sur l’expérience du travail ; on s’est demandé quel sens accorder au fait que leur production, leur connaissance, leur présence font bel et bien partie de cette expérience. Dans un troisième moment, on a pris pour objet la publication de livres comme pratique d’interprétation de la politique, celle des lieux de travail privilégiés menée sous le ministère Colbert d’abord. Se demander ce que c’était que publier en 1671 un livre sur les techniques d’un métier dans le faubourg Saint-Germain nous a ensuite amenés au cas de Nicolas de Blégny, auteur de nombreux ouvrages qui constituent une source cruciale sur le sens de la politique de réorganisation des professions médicales alors menée par la monarchie. Le fait est remarquable de la part d’un homme plusieurs fois inquiété par la justice, finalement emprisonné et exilé. Blégny écrivait comme l’auteur du Tailleur sincère dans une rue récente, où les politiques de la ville, du travail et des sciences se donnaient en quelque sorte à voir.

Dans le séminaire « Linguistique et histoire », animé avec Marion Carel, le lien entre ce qui se dit par écrit et ce qu’on fait avec des écrits est au centre de la réflexion. Pendant une partie de l’année, nous avons travaillé sur trois lettres de cachet. Les particularités – les lettres de cachet portent deux signatures, celle du roi et celle du secrétaire d’Etat qui en était le rédacteur – et les fortunes de ces ordres écrits, qui pouvaient être délibérément envoyés à d’autres qu’au destinataire du commandement, et qui n’étaient pas toujours interprétés comme devant être obéis, exigent de distinguer énonciation linguistique et action avec le langage. Le travail sur des sources historiques nous a ainsi amenées à discuter les notions d’illocutoire et de performatif, qui ont nourri et continuent à nourrir le travail des historiens. Dans une seconde séquence, nous nous sommes intéressées à un recueil de chansons publié pendant la Fronde. Nous avons travaillé sur le sens des mots « chanter », « chanson » et « menace », et nous nous sommes interrogées sur l’acte de publier un recueil de textes présentés comme ayant été chantés dans les rues. Ce recueil dit que le peuple chante ce qu’on lui fait chanter, et affirme en même temps que ce que le peuple chante est ce qu’il pense, et que ce qu’il pense est ce qu’il fait ; menacer, par exemple. La notion d’attribution a été proposée pour comprendre ces phénomènes.

Pour mettre en discussion ces réflexions, nous avons organisé deux journées d’étude sur l’énonciation en novembre 2016, et une journée d’étude concluant l’année du parcours « Linguistique et écrit » le 12 juin 2017.

Le Grihl s’est donné en 2016 un nouveau thème de séminaire : « la littérature ordinaire », précisé par une autre formulation, « l’efficace ordinaire du littéraire ». L’objectif est de saisir ce que fait la littérature aux sociétés avec littérature, de mesurer sa présence et son activité, notamment en regardant des écritures diverses où il ne s’agit pas pour nous de trouver du style, de l’efficacité rhétorique, ou une ressemblance avec le canon littéraire, mais de repérer un savoir de la littérature et de sa prise sur le monde. Des séances ont ainsi été consacrées à la présence des écrivains logés dans le quartier des Halles dans l’œuvre immense d’un mystique du XVIIe siècle et à l’ampleur donnée par Paul de Kock à la publicité pour des restaurants des environs de Paris par l’insertion dans ses romans de passages de guides touristique. Plusieurs ont pris pour objet les écritures policières de la prostitution parisienne, aux XVIIIe et XIXe siècles, et montré le profit historique qu’il y a à les regarder comme de la littérature ordinaire. Les usages du littéraire dans des projets de rénovation urbaine à Paris et à Madrid ont fait l’objet de deux séances. D’autres ont réfléchi sur l’inscription dans l’événement des écritures immédiates d’une révolte du XVIIe siècle, sur la poésie des pasteurs au temps de Louis XIV, sur l’écriture à la fois inspirée et ordinaire de Mme Guyon, sur le sens de remarques sur le style d’un auteur de statuts de métier, ou sur les littérateurs ordinaires qu’étaient deux extraordinaires poètes ouvriers. Piotr Laskowsky (Varsovie) et Frédérik Detue (Poitiers) sont venus présenter leur travail sur A Shtetl d’I.M. Weissenberg et sur les témoignages d’exilés aujourd’hui. Un atelier de lecture a été consacré au recueil de textes de Foucault sur la littérature, une séance de discussion à l’édition de l’Apologie pour Machiavelle par Jean-Pierre Cavaillé et Cécile Soudan, et une journée d’étude aux pratiques du refus par les revues de SHS (Christian Jouhaud et Annick Louis, 9 mars 2017). Un Lundi du CRH a été consacré en février 2017 à notre enquête collective Ecriture et action XVIIe-XIXe siècle (2016).

J’ai organisé avec Judith Lyon-Caen, en octobre 2016, l’école d’automne « Histoire et littérature » destinée aux étudiants de Master, participé à la table-ronde qu’elle a organisée en septembre 2016 autour du dernier livre de Michèle Riot-Sarcey, Le procès de la liberté, et organisé avec Gisèle Sapiro, le 22 juin 2017, une table-ronde autour de celui de Dorothea von Mücke (Columbia), The Practices of the Enlightenment.

 

 

Publications :

Trois chapitres (en japonais) in Yasushi Noro (dir.), GRIHL Dialogue entre Français et Japonais autour de l'usage de la littérature, Tokyo, Yoshida Publishing, 2017. 

« Guerre et chansons », Les Dossiers du Grihl [En ligne], Agir au futur. Attitudes d'attente et actions expectatives, Albert Schirrmeister (dir.), 2017-01 | 2017, URL : http://dossiersgrihl.revues.org/6588

« La voie des écrits », Ecrire les écritures. Hommage à Daniel Fabre, Roger Chartier et Christian Jouhaud (dir.), Paris, L'Atelier du CRH, 16bis, 2017, https://acrh.revues.org/7556.

 

2015-2016 : Histoire et récits du travail : ouvriers, moines, peintres, poètes (XVIIe-XIXe siècle)

2e et 4e mardis du mois de 11 h à 13 h (salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 10 novembre 2015 au 24 mai 2016

Histoire et récits : on n’opposera pas les deux termes, et l’objectif n’est pas de combiner une étude des représentations, de l’expérience ou des discours sur le travail à celle de ses évolutions. Ce séminaire porte sur la connaissance du travail, sur la transmission du sens qu’avaient des actes de travail passés. On s’y intéressera, entre époque moderne et début de l'époque contemporaine, à des situations – celle par exemple de la forge gérée, à la fin du XVIIe siècle, par les moines de la Trappe, celle donc de moines patrons – et à des activités – la peinture, la teinture, l'érudition artisane - ou actions qui ont produit des sources divergentes, éventuellement contradictoires, et plus ou moins durables sur ce sens. La question de l’écriture est centrale dans une telle recherche : ce qui se pense par écrit, dans des libelles, des rapports, des comptes, des suppliques, des recueils de documents, des traités, des sermons, des projets, des histoires, des poèmes ; ce qui se fait et ne se fait pas par écrit, et ce qui arrive aux écrits une fois qu’ils existent. Plusieurs séances seront consacrées, en collaboration avec Judith Lyon-Caen, à la question et aux usages de la « littérature des ouvriers ».

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