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Séminaire commun

Présentation du séminaire commun

Christian Jouhaud, Alain Viala,  Alain Cantillon, Laurence Giavarini, Sophie Houdard, Judith Lyon-Caen, Dinah Ribard, Nicolas Schapira

2017-2018 : Écritures du passé : histoire et littérature

Dans ce séminaire, nous nous efforçons de proposer des outils, des méthodes, des cas, des situations, des dispositifs, des terrains, pour penser le fait littéraire comme fait de l'histoire, tout en portant un regard critique sur ses historiographies. La perspective est résolument interdisciplinaire : la marque identitaire du séminaire est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun. La chronologie est ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle ; les questionnements élaborés à partir des écrits de l’époque moderne servent aussi à interroger et reconfigurer l’approche d’écrits et de phénomènes plus contemporains. Cette année, un accent particulier sera porté sur la question de l’efficace ordinaire du littéraire ; cette notion d’efficace ordinaire sera bien sûr objet de discussion.

Quelques séances sont réservées à des invités qui déploient leurs objets propres dans le cadre intellectuel des problématiques partagées. En outre, des ateliers de lecture de textes actuels, historiographiques ou théoriques, sont proposés en rapport avec l'avancée ou les incertitudes des travaux en cours.

2016-2017 : Écritures du passé : histoire et littérature

de 17 h à 20 h , les 2e et 4e mardis du mois (Salle 410 Centre Censier, 75073 Paris)  à partir du 8 novembre 2016  et tous les 1er, 3e et 5e mardis  (105 bd Raspail 75006 Paris)

Le séminaire hebdomadaire du Grihl se décline cette année en deux composantes : 1) les 1er, 3e, 5e mardis du mois, il est intitulé Histoires d’expériences (XVIIe et XXe siècles) et est donné par Christian Jouhaud au premier semestre, 2) les 2e et 4e mardis du mois au premier semestre et tous les mardis au second, il est consacré à la poursuite du travail interdisciplinaire collectif sur les Écritures du passé : histoire et littérature. Dans ce séminaire, nous nous efforçons de proposer des outils, des méthodes, des cas, des situations, des dispositifs, des terrains, pour penser le fait littéraire comme fait de l'histoire, tout en portant un regard critique sur ses historiographies. La perspective est résolument interdisciplinaire : la marque identitaire du séminaire est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun. La chronologie est ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle ; les questionnements élaborés à partir des écrits de l’époque moderne servent aussi à interroger et reconfigurer l’approche d’écrits et de phénomènes plus contemporains. Quelques séances sont réservées à des invités qui déploient leurs objets propres dans le cadre intellectuel des problématiques partagées. En outre, des ateliers de lecture de textes actuels, historiographiques ou théoriques, sont proposés en rapport avec l'avancée ou les incertitudes des travaux en cours.

 

2015-2016 : Écritures du passé : histoire et littérature

Dans ce séminaire, nous nous efforçons de proposer des outils, des méthodes, des cas, des situations, des dispositifs, des terrains, pour penser le fait littéraire comme fait de l'histoire, tout en portant un regard critique sur ses historiographies. La perspective est résolument interdisciplinaire : la marque identitaire du séminaire est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun. La chronologie est ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle ; les questionnements élaborés à partir des écrits de l’époque moderne servent aussi à interroger et reconfigurer l’approche d’écrits et de phénomènes plus contemporains. Quelques séances sont réservées à des invités qui déploient leurs objets propres dans le cadre intellectuel des problématiques partagées. En outre, des ateliers de lecture de textes actuels, historiographiques ou théoriques, sont proposés en rapport avec l'avancée ou les incertitudes des travaux en cours.

Après une séance d’introduction, le séminaire a été organisé autour de trois démarches majeures, chacune rassemblée autour d’objets et de terrains spécifiques. La première, en deux séances, a associé une approche théorique, une démarche historiographique et un objet : d’abord autour d’un face à face Louis Marin et Pascal (littérature, philosophie, histoire et sémiologie), et ensuite autour de la notion de cénacle sur le cas de Charles Nodier (bibliophilie et histoire du littéraire). En second lieu, le séminaire a proposé une série de mises au point portant, sur le terrain du XVIIe siècle, sur des objets précisément situés : une histoire socio-linguistique de la possession d’Aix en Provence (1610-1611) ; l’écriture d’un scandale au XVIIe siècle : les cordelières de Provins ; un expert en publications du lointain à Paris à l’époque de Louis XIV : Esprit Cabart de Villermont (1628-1707). Enfin, en troisième lieu, toute une série de séances a été organisée autour de plus larges questions et centrée sur des objets transhistoriques très présents dans, et pour, une histoire du littéraire entre XVIe et XXe siècle : question des « clés » entre histoire du littéraire et histoire de la lecture, question des rapports entre littérature et catégories sociales à partir du cas des « poètes ouvriers du XVIIe au XIXe siècle », question de la validité et de la productivité heuristique de la notion de groupe littéraire, question des rapports entre hagiographie et écriture de l’histoire.

Par ailleurs, trois invités sont intervenus, tous trois directeurs d’études invités à l’Ecole : Robert Schneider sur « Contre la "République des Lettres" : sociabilités intellectuelles et littéraires à Paris à l'époque de Richelieu », Eric Méchoulan sur « Pour une sociabilité des écrits ? », Geoffrey Turnovky : « La production imprimée de l’intimité au XVIIe siècle ».

Au cours de cette année, le Grihl a également proposé deux journées d’études. L’une, le 30 mars, intitulée « De l’amendable à l’impubliable : les pratiques du refus par les revues de sciences humaines et sociales », l’autre le 7 juin : « Manières de lire : sources, support, pratiques ». L’une a réuni autour de collègues de l’EHESS plusieurs responsables actuels ou récents de revues de sciences sociales et humaines, l’autre a associé des interventions de membres du Grihl et de collègues, français ou étrangers, venus de départements d’histoire ou de littérature. La seconde de ces journées était organisée autour de trois thèmes : apprentissages, normes et techniques de lecture ; penser la lecture : pratiques et modèles d’analyse ; manières de lire, quelles archives, quels lecteurs.

Il convient de rappeler par ailleurs que le Grihl est associé au master « Théorie de la littérature » (ENS-Paris-Sorbonne-EHESS) ; il propose dans ce cadre, et au-delà à tous les étudiants inscrits en master à l’EHESS, une école d’automne sur « Histoire et littérature ».

Enfin 2016 a vu la parution d’une lourde enquête collective consacrée à « écriture et action », et cela sous la forme d’un livre qui n’est pas une collection d’essais mais le résultat d’une véritable écriture collective.

 

2014-2015 : Écritures du passé : histoire et littérature

Ce séminaire est consacré aux rapports entre histoire et littérature dans toute leur diversité. Depuis quelques années, le travail s’était organisé principalement autour de deux chantiers de recherche conduits au sein du Grihl : « Les écrits et le local » et « Voir le passé? ». En 2014-2015, il a paru nécessaire de revenir à la problématique générale de l’articulation histoire-littérature. La marque identitaire du séminaire reste bien sûr de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun. Nous nous efforçons de proposer des outils, des méthodes, des cas, des situations, des dispositifs, des terrains, pour penser le fait littéraire comme fait de l'histoire, tout en portant un regard critique sur ses historiographies. La chronologie est ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle ; les questionnements élaborés à partir des écrits de l’époque moderne servent aussi à interroger et reconfigurer l’approche d’écrits plus contemporains. Quelques séances sont réservées à des invités qui acceptent de déployer leurs objets propres dans le cadre intellectuel des problématiques partagées. En outre, des ateliers de lecture de textes actuels ou anciens, historiographiques ou théoriques, sont proposés en rapport avec l'avancée ou les incertitudes des travaux en cours.

Dans cet esprit résolument interdisciplinaire, une série de séances a été consacrée à des mises au point méthodologiques, centrées sur des objets théoriques ou des écrits publiés entre Renaissance et Romantisme, tous clairement situés dans leur production et leur réception. Ainsi ont été abordés par les responsables du séminaire les questions de l’écriture comme activité professionnelle stipendiée, de la naissance de la critique, de l’écriture des émotions, du rapport entre cas et exemples. Dans une perspective plus directement historiographique une séance a été consacrée à la notion de pouvoirs de la littérature et une autre au Dieu caché de L. Goldmann soixante ans après sa parution. Sept séances ont été consacrées à des enquêtes achevées et pour certaines d’entre elles publiées par les membres du GRIHL. Ont été ainsi successivement abordés : le cas Tristan l’Hermite, la question des approbations des docteurs (XVIIe siècle) dans leur rapport à l’histoire du littéraire, la politique des Mémoires à partir de Saint-Simon, celle du statut littéraire de la poésie en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, celle enfin de l’intérêt méthodologique et heuristique d’une l’histoire sociale d’un auteur « obscur » du XIXe siècle. Dans cette série deux séances ont, en outre, permis la présentation et la discussion de deux ouvrages récents : Le Pari-de-Pascal d’Alain Cantillon et l’édition critique de la Bibliothèque Françoise de Charles Sorel. Les trois post-doctorants rattachés au Grihl au long de cette année 2014-2015 ont, de leur côté, présenté leur travail : Albert Schirrmeister a traité de l’attente de la Guerre de succession d’Espagne, Karin Peters de l’écriture pastorale en Espagne au XVIe siècle, Danilo Feretti de la publication et de la réception de La case de l’oncle Tom au Brésil. Enfin, sept invités sont intervenus à divers moments au cours de l’année : Luce Roudier, étudiante de M2, sur « La fabrique Zévaco » ; Hartmut Stenzel, professeur émérite de l’université de Giessen, sur Le Monument (le roman de Cl. Duneton) et la mémoire de la Grande guerre ; Lisa Roscioni, professeure à l’Université de Parme, sur les sources de L’Abbesse de Castro de Stendhal et l’histoire du manuscrit ; Nicolas Berjoan, de la Casa de Velazquez, sur les mémoires d’une félibresse ; Louis Hincker, professeur à l’Université de Valenciennes, sur « Les archives familiales des écrivains » ; Audrey Duru, maîtresse de conférences à l’Université de Picardie, sur le geste éditorial du poète chrétien (1550-1650) ; Cinthia Méli, enseignante à l’Université de Genève, sur l’histoire de Malherbe entre 1891 et 1904 et le canon littéraire.

D’autre part, le Grihl a organisé une école d’automne pour les étudiants du master Théorie de la littérature et participé au colloque « Art, littérature et sciences sociales » tenu à l’occasion des 40 ans de l’EHESS$. Albert Schirrmeister et Karin Peters, post-doctorants rattachés au Grihl, ont chacun organisé une journée d’études : « Avant la guerre : attitudes d’attente et actions expectatives au XVIIesiècle » pour le premier, « Incorporations à la puissance deux : le corps social et ses phénotypes littéraires » pour la seconde (co-organisée avec L. Giavarini).

Sous presse : Ecriture et action, Paris, éditions de l’EHESS (2016)

 

2013-2014 : Écritures du passé : visualisations, localisations

Ce séminaire est consacré aux rapports entre histoire et littérature dans toute leur diversité. Depuis quelques années, le travail s’est organisé principalement autour de deux chantiers de recherche conduits au sein du Grihl : « Les écrits et le local » et « Voir le passé? », où se croisent réflexion sur l’écriture et réflexion sur l’image. La perspective est résolument interdisciplinaire : la marque identitaire du séminaire est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun. La chronologie est ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle ; les questionnements élaborés à partir des écrits de l’époque moderne servent aussi à interroger et reconfigurer l’approche d’écrits plus contemporains. Quelques séances sont réservées à des invités qui acceptent de déployer leurs objets propres dans le cadre intellectuel des problématiques partagées. En outre, des ateliers de lecture de textes actuels ou anciens, historiographiques ou théoriques, sont proposés en rapport avec l'avancée ou les incertitudes des travaux en cours.

Après trois séances introductives méthodologiquement emboîtées – en partant du plus général et en s’acheminant vers le plus spécifique, de la problématique des rapports entre histoire et littérature à la notion de scène de l’événement avec une mise au point intermédiaire sur l’enquête « Voir le passé ? » –, le premier semestre a donné lieu à six interventions des responsables du séminaire, toutes centrées sur les problématiques de la vision ou de la visualité (ruines, apparitions, résurgences, passé imaginaire, passé périmé). Une séance a été prise en charge par un post-doctorant du Grihl sur les historiographies humanistes et leurs procédures de construction du présent dans le regard porté sur le passé, et une autre par un doctorant en fin de recherche sur les bigarrures du passé dans les écrits de François Davant. Enfin nous avons tenu un atelier de lecture sur la question du voir dans La Fable mystique II de Michel de Certeau, qui venait de paraître.

Au second semestre, le séminaire a accueilli plusieurs interventions d’invités : Déborah Blocker (Berkeley) sur l’historiographie des académies à l’époque moderne, Olivier Spina sur les relations entre pouvoirs et spectacles à Londres au temps des Tudors, Eric Méchoulan (Montréal) sur la figure de « l’ami lecteur » et le geste de publication, Léo Stambul sur Descartes et le problème de la stratégie, Larissa Zakharova sur le cas de Natalia Tchetounova et la question de l’engagement d’écrivain en URSS. Après une séance destinée à dresser un second bilan d’étape sur l’ensemble des travaux en cours autour de la thématique « Voir le passé ? », certaines des recherches menées par les membres du Grihl ont donné lieu, chacune, à une séance entière de séminaire : « Souvenirs de la possession, Aix-en-Provence et Loudun », « Re-productions de choses du passé : malaises dans l’actualisation », « La forme Mercure et le passé ». Un séminaire a également été consacré au livre de Pierre Antoine Fabre : Décréter l’image, en présence de l’auteur, et une autre à la notion de Timescapedéveloppée par Ruth Krüger dans son livre Refus de témoigner. Enfin, sous le titre « Voir le passé et en mourir » un atelier de lecture a été organisé autour d’un textede François de Sales, extrait du Traité de l'Amour de Dieu (Livre VII, chapitre XII).

D’autre part plusieurs colloques ou journées d’études ont été mis sur pied soit par le Grihl soit avec le soutien du Grihl : - « Ecritures de la destruction dans le monde judéo-polonais de la fin de la seconde guerre mondiale à la fin des années 1960, productions, trajectoires réseaux » (ANR Poly, Judith Lindenberg et Judith Lyon-Caen) ; - « Avant la guerre : attitudes d’attente et actions expectatives au XVIIe siècle » (Albert Schirrmeister), - « Légende(s). Lire et écrire des vies de saints (XVIIe–XIXe / XXe siècles) » (Sophie Houdard, Marion de Lencquesaing et Didier Philippot) ; - « Académies et universités en France et en Italie (1500-1800) : coprésence, concurrence(s) et/ou complémentarité ? » (Déborah Blocker et Dinah Ribard) ; - « Louis Machon, apologiste de Machiavel » (Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard et Cécile Soudan) ; - « Guy Patin et ses  interlocuteurs : le « manuscrit de Vienne » » (Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard et Cécile Soudan).

Publications :

Le Grihl a réalisé en 2013-2014 une série de publications en ligne, certaines poursuivies, les autres inaugurées :

Les Dossiers du Grihl
http://dossiersgrihl.revues.org/

La Revue Baroque
http://baroque.revues.org/

Les Papiers Patin
http://patin.ehess.fr

La Vie de Michel de Marillac par Nicolas Lefevre de Lezeau
http://marillac.ehess.fr

 

 

2012-2013 : Écritures du passé : visualisations, localisations

La raison d’être du séminaire du Grihl est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun selon une chronologie ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle. En 2012-2013, le travail du séminaire a été centré sur les deux chantiers de recherche ouverts au sein du groupe : « Voir le passé ? » et « Les écrits et le local » sous le titre englobant : « Écritures du passé : visualisations, localisations », avec une nette prédominance cette année du thème « Voir le passé ? », enquête qu’il paraissait souhaitable de faire avancer à un rythme plus soutenu, en nous efforçant de mieux cerner une série d’objets propices à ce questionnement permettant de remettre sur le métier la réflexion méthodologique. C’est ainsi qu’après trois séances d’introduction et de présentation des travaux menés les années précédentes, séances centrées sur la problématique du voir  et tournées vers les étudiants qui découvraient le séminaire du Grihl, les responsables du séminaire ont successivement traité de la citation comme vision du passé, des rapports entre vision et reste (à propos d’Andromaque), du retour du passé dans des écrits involontaires, de ce que les Historiettes de Tallemant des Réaux donnent à voir.

La question de la localisation des écrits, c’est-à-dire celle de savoir ce que change à la perception des écrits le fait de les considérer à partir de leur localité, a été abordée lors de quatre séances : une consacrée à l’importance de la question de la localisation dans la presse politique au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, une autre aux empâtements théoriques de lieux chez Edouard Glissant, une troisième à l’écriture en province (Poésie ou littérature : Nevers XVIIe-XVIIIe siècles). Enfin, dans cette série, une séance traitant de Bussy-Rabutin et l’écriture a permis de faire le lien avec notre enquête achevée « Ecriture et action ». Le livre collectif issu de cette longue enquête a été bouclé : une séance-atelier a été consacrée à sa discussion.

Comme les années précédentes, quelques invités sont intervenus dans le séminaire. Parmi eux, trois ont présenté un travail directement en rapport avec la réflexion conduite sur « Voir le passé ? » : Paulina Kwiatowska, de l’Université de Varsovie, a traité de « Auschwitz-Birkenau Concentration Camp as a Space-time of Remembrance in Andrzej Munk's Film “The Passenger” 1961/63 » ; l’artiste plasticien et cinéaste Pascal Convert a évoqué son œuvre consacrée à Joseph Epstein ; Boris Lyon-Caen, de l’Université Paris 4-Sorbonne, a présenté, à partir de la notion de « points de suture », son analyse de la nouvelle de Balzac La Vendetta. Trois autres invités sont intervenus à partir de leur propre recherche, en partie dédiée au croisement des notions de mémoire, d’histoire et de littérature. Ce fut le cas de Déborah Blocker, de l’Université de Berkeley, sur « Des mémoiresimpossibles à une possible mise en récit du côté de l'histoire sociale et politique de l'esthétique : à propos du devenir-livre des Alterati », de Yasushi Noro, de l’Université de Okoyama, sur « La reimpression de l'Augustinuset la publication de De la fréquente communion », de Pawel Rodak, de l’Université de Varsovie, sur « Le journal de Witold Gombrowicz comme pratique, entre écriture personnelle et publication imprimée ».

Le Grihl accueille par ailleurs le programme ANR POLY (« Dos Poylishe Yindtum ») et a organisé deux journées d’études intitulées « History before Memory ». Dans ce double cadre de chantiers de recherche développés, là aussi, autour de l’articulation des notions d’écriture, d’histoire et de mémoire, mais centrée sur les premières opérations historiographiques sur l’extermination des Juifs qui créèrent les conditions d’un premier dépôt mémoriel, ont été tenues deux séances de séminaire soit comme présentation d’un premier bilan dans le cas de l’ANR, soit comme préparation aux journées d’études, l’une traitant de « Histoire et mémoire d'un monde disparu dans la collection " La judéité polonaise " (1946-1966) », l’autre de « "Dans les yeux d'une enfant de douze ans" : écriture, publication, transmission du journal de Janka Hescheles (1943) ».

Poursuivant sa collaboration avec le CARE (Centre d’Anthropologie Religieuse Européenne), le Grihl a co-organisé d’autre part une journée d’études consacrée à « Jean-Jacques Olier (1608-1657) : nouvelles recherches » et a entrepris une enquête commune de plus longue haleine autour du thème « Que savaient-ils ? », auquel une séance du séminaire a été consacrée.

Enfin, le 28 mai 2013, une séance intitulée « Poésie, théâtre, histoire : le baroque de Guy Catusse » a rappelé la mémoire et l’œuvre d’un membre du Grihl dont nous portons le deuil : Guy Catusse a disparu en juillet 2012.

Bibliographie

- Les dossiers du Grihl : http://dossiersgrihl.revues.org/5549 : 2013-01, Expressions de la dissidence à la Renaissance.

 - Dinah Ribard et Nicolas Schapira (éd.), On ne peut pas tout réduire à des stratégies. Pratiques d’écriture et trajectoires sociales, PUF, 2013, 208 p.

- Christian Jouhaud (éd.), Avec Maurice Fourré à Richelieu, Les Cahiers Fourré, AAMF éditions, 2013.

 

2011-2012 : Écritures du passé : visualisations, localisations

La raison d’être du séminaire du Grihl est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun selon une chronologie ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle. En 2011-2012, le travail du séminaire a été centré sur les deux chantiers de recherche ouverts au sein du groupe : « Voir le passé ? » et « Les écrits et le local » sous le titre englobant : « Écritures du passé : visualisations, localisations ». Quelques séances sont en outre traditionnellement réservées à des invités qui acceptent de déployer leurs objets propres au sein des problématiques partagées.  Cette année seize des vingt-quatre séances ont été assurées par les responsables du séminaire qui ont exploré à partir d’un large éventail d’objets les problématiques de la visualisation du passé et de la localisation des écrits. La plupart des invités sont intervenus dans la même perspective. Seul Franco Moretti, professeur à Stanford University, a présenté un dossier sans rapport direct avec les chantiers collectifs du Grihl en offrant à la discussion un chapitre de son livre en cours d’achèvement sur « le bourgeois », un essai entre histoire et littérature.

Cette année a commencé par deux séances d’introduction à plusieurs voix faisant le point sur les chantiers en cours et proposant une réflexion méthodologique tournée vers les étudiants qui découvraient le séminaire du Grihl.

Les trois séances suivantes ont été consacrées à trois types d’objets très différents : l’édition des Pensées de Pascal de 1670, un roman surréaliste paru en 1955 dont l’action se déroule dans la ville de Richelieu possédée par son passé du temps du cardinal et après, une immense collection de livres publiés en yiddish à Buenos Aires entre 1946 et 1966 (Dos Poylishe Yidntum, 175 titres) permettant d’observer les modalités de la transmission du passé juif juste après la Shoah et avant que la catastrophe ne devienne une entité mémorielle historiographiquement établie.

Deux séminaires ont ensuite permis à un jeune docteur (Arnaud Welfringer) de présenter son travail sur la politique des fables de La Fontaine et à une collègue de l’Université de Paris IV (Caroline Callard) un point de sa recherche sur les spectres au XVIIe siècle : dans cet exposé la question du voir croisait de près celle de la localisation de ce voir dans la géographie parisienne.

Après la présentation par Jean-Pierre Cavaillé d’un travail consacré aux « ponticauds » de Limoges, fondé sur une enquête orale et un travail sur les images (surtout photographiques) représentant la vie du quartier des ponts, le séminaire s’est centré pour cinq séances sur le XVIIe siècle, soit sur des pratiques scripturaires de cette époque, soit sur des formes visualisantes de transmission de cette époque comme passé. C’est ainsi qu’ont été successivement abordés la figure d’auteur de Théophile de Viau (Melaine Follard), la question du baroque entre historiographie et théorie, la position de secrétaire et le problème de la localisation de l’écriture, la question de l’origine de « l’immortalité » académicienne, la figure de Bossuet prédicateur entre parole prononcée et écriture.

La problématique de la localisation comme outil d’historicisation et de contextualisation des écrits a été amplement développée au cours du second semestre à partir d’objets fort divers : production de lieu dans l’œuvre d’Edouard Glissant, localisation et construction du continu dans le lien entre « l’énergumène de Nancy » (Elisabeth de Ranfaing) et la possession de Loudun, localisation et histoire d'un groupe de piétistes radicaux avec le cas des Associés à l'enfance de Jésus au XVIIIe siècle, historicisation et littérarisation du local dans les Memoranda de Jules Barbey d’Aurevilly.

Quatre séances ont, d’autre part, été consacrées à l’action de « donner à voir » le passé. La première a traité de l’année 1629 racontée par le Mercure François, la deuxième de la manière dont le théâtre joué à Béziers entre 1600 et 1660 donnait à voir la ville et son passé, la troisième des théâtres parisiens au XIXe siècle comme lieu où se représentait l’histoire du théâtre, la quatrième enfin des ressources de visualisation propres au cinéma. Cette dernière séance prolongeait une journée d’études tenue le 21 janvier sur « Voir le passé, le cinéma » qui a tenté d’articuler une interrogation spécifique sur ce que signifie « voir » dans l’expression « voir le passé »  et une exploration d’images cinématographiques du passé, de constructions du passé donc circulant hors du monde académique envisager notamment dans leurs relations avec les constructions historiennes ou savantes. Le Grihl a par ailleurs organisé au cours de cette année une autre journée d’études sur « Penser l'édition numérique critique » à propos de La Vie de Michel de Marillac par Nicolas Lefevre de Lezeau et plus particulièrement sur les expériences politiques du garde des sceaux mises en récit dans cet ouvrage. Enfin un atelier de lecture tourné réflexivement vers nos les pratiques actuelles de recherche a été tenu autour de la question de « l’avenir des humanités » à partir de trois ouvrages L'Avenir des langues, repenser les Humanités (Pierre Judet de la Combe et Heinz Wismann, 2004), de L'Avenir des Humanités, économie de la connaissance ou cultures de l'interprétation ? (Yves Citton, 2010) et de Not for profit, why democracy needs the humanities (Martha C. Nussbaum, 2011).

Bibliographie :

- Les dossiers du Grihl : http://dossiersgrihl.revues.org/

2012-01 - Histoire et psychanalyse. A propos des Scènes indésirables de Michel Gribinski

2012-02 - La notion de baroque. Approches historiographiques

 

2010-2011: Écritures du passé : visualisations, localisations

La raison d'être du séminaire du Grihl est de réunir des historiens et des littéraires autour d'objets et de problématiques définis en commun selon une chronologie ouverte et large, entre Renaissance et XXe siècle. En 2010-2011, le travail du séminaire a été centré sur les deux chantiers de recherche ouverts au sein du groupe : « Voir le passé ? » et « Les écrits et le local ». Quelques séances sont en outre traditionnellement réservées à des invités qui acceptent de déployer leurs objets propres au sein des problématiques partagées ; ce fut le cas cette année de trois invitées qui ont abordé la question des sociabilités savantes et de l'écriture collective : Ann Blair (Harvard, directrice d'études invitée) avec un exposé intitulé « Être un auteur collectif parmi les humanistes tardifs », Déborah Blocker (Berkeley) : «  De Lucrèce à La Poétique en passant par la médecine et la théologie : l'esthétique mystico-matérialiste de Lorenzo Giacomini, accademico Alterato (1552-1598) », Stéphanie Bung (Berlin) : « “Cela s'appelle les Chroniques du Samedy” : pratique de sociabilité, recueil galant, roman épistolaire avant la lettre ».

Un groupe de sept séances a été consacré à la réflexion méthodologique et historiographique. Une discussion a ainsi eu lieu autour du numéro des Annales HSS consacré aux « savoirs de la littérature » avec la participation d'Antoine Lilti (directeur de la rédaction des Annales ) et de plusieurs des auteurs présents dans ce numéro. La notion de savoirs de la littérature a également été questionnée dans la présentation d'un travail construit autour de textes de Jules Barbey d'Aurevilly («  Le temps, la mort, l'histoire : Barbey d'Aurevilly », Christian Jouhaud, Judith Lyon-Caen, Dinah Ribard ). Sabina Loriga a proposé une mise au point, «  De la biographie à l'histoire » , à partir de son livre récent (Le petit x. De la biographie à l'histoire ), et une séance a été consacrée à l'ouvrage de Carlo Ginzburg Le Fil et les traces (Laurence Giavarini, J. Lyon-Caen). Dans le même esprit d'analyse et de débat, les participants au séminaire sont revenus sur la question des stratégies d'écriture (« Stratégies sociales, écriture et action » , Ch. Jouhaud, D. Ribard, Nicolas Schapira) et ont entrepris de discuter à partir des propositions théoriques et historiques d'Alain Cantillon sur « Les études littéraires et l'histoire » . Enfin, dans une perspective plus directement historiographique, une séance a traité de l'invention du baroque occitan (Jean-Pierre Cavaillé , « Robert Lafond et Félix Castan, l'invention du baroque occitan »).

Un deuxième bloc de huit séances peut être distingué – séances directement consacrées, à partir d'objets très divers, soit à la problématique « Voir le passé ? », soit à celle de la localisation des écrits, et qui ont toutes abouti à un croisement des deux thèmes et donc au déplacement des questionnements suscités par chacun d'entre eux. Ce fut le cas pour les deux séminaires animés par N. Schapira, « Voir le passé dans l'écriture des secrétaires sous l'Ancien régime » et «  Localiser les littérateurs dans la société parisienne (XVIIe siècle) : des guides de Paris aux Historiettes de Tallemant des Réaux », mais aussi pour deux séances qui traitaient directement de problèmes de localisation : « Lieux d'énonciation et localisations géographiques : l'Icarie (1840-1859), lieux d'aventures » (A. Cantillon) et « ‘Je poursuis partout ici son ombre' : une étude des récits de voyage à Jérusalem du XVe  au XIXe siècle » (Mathilde Bernard). La discussion menée autour du livre de L. Giavarini, La Distance pastorale. Usages politiques de la représentation des bergers (XVIe – XVIIe siècles), a mêlé les deux approches, et une séance consacrée à ouvrir le dossier de l'œuvre de Michel Borwicz (Sophie Houdard, J. Lyon-Caen, D. Ribard : «  Le Dossier Borwicz : témoignage et savoir dans l'après-seconde guerre mondiale » ) a relié, autour de la problématique du témoignage, des lieux (le ghetto, les camps en Pologne, la Sorbonne d'après guerre, l'édition parisienne), et des temporalités différentielles de la vision du passé. La question du témoignage a aussi été abordée dans la séance « Une histoire feuilletée : Valognes 1830-1930-1982 » (Ch. Jouhaud et J. Lyon-Caen), travail issu d'une collaboration du Grihl avec la revue Penser/Rêver, et dans l'exposé de Marion Brétéché, « Faire profession de témoignage : les pratiques et lieux d'écriture d'Anne-Marguerite Dunoyer (1707-1719) » .

Durant l'année 2010-2011, une réflexion sur les images matérielles, leurs rapports à l'écrit dans des contextes précis et la question de la présence du passé a également été menée au cours de cinq séances, l'une consacrée à des peintures du XVIIIe siècle commentées au XXe, «  Pierre Michon et les spectres de Watteau » (Alain Viala),une deuxième à une bande dessinée, « Voir le passé dans Le Bouclier arverne » (A. Cantillon et Ch. Jouhaud) et une troisième au film documentaire, « La dissidence filmée : le passé et le temps de l'histoire » (a utour du film de Ruth Zylbermann, Dissidents, les artisans de la liberté). Un atelier de lecture a, par ailleurs, permis une discussion de l'article de G. Didi Huberman « Ouvrir les camps, fermer les yeux » (L. Giavarini, S. Houdard, J. Lyon-Caen). Enfin, Anne Simonin (CNRS) a présenté un travail sur «  Dessine-moi un éléphant : Babar dans la Seconde guerre mondiale » mêlant analyse d'images et d'émissions de radio de la France Libre.

Le Grihl a d'autre part organisé ou participé à l'organisation d'une série de journées d'études sur les figures de Leszek Kolakowsi, Michel de Marillac, Maurice Fourré.

Bibliographie :

- Politiques de l'épistolaire au XVIIe siècle. Autour du Recueil Faret, éd. M. Bombart et E. Méchoulan, Paris, Garnier, 2011 (articles de D. Blocker, M. Bombart, B. Brottier, L. Giavarini, Ch. Jouhaud, D. Ribard, N. Schapira)

- « La littérature pour politique : Etudier les Mémoires », Les Temps Modernes , 661 (nov.-déc. 2010), p. 85-97 (Ch. Jouhaud, D. Ribard et N. Schapira).

- Penser / Rêver n° 19, « C'était mieux avant », Glossaire (« C'était mieux ailleurs … », avec la participation d'A. Cantillon, L. Giavarini, S. Houdard, Ch. Jouhaud, J. Lyon-Caen, D. Ribard)

- Penser/Rêver n° 20, « Le temps du trouble » (articles de Ch. Jouhaud et J. Lyon-Caen, « La plaque. Mémoires de Valognes » ; L. Giavarini, « Qu'est-ce qui revient dans ‘le temps d'un retour' ? », D. Ribard, « Le trouble politique d'un temps de réforme », N. Schapira, « L'histoire qui vient avant la mémoire », A. Cantillon, « ‘Y a l'autre qu'a rien fait' »)

 

2009-2010 : Écritures du passé : visualisations, localisations

La réflexion amorcée l'année précédente autour de « Voir le passé ? » a été poursuivie à partir d'une série d'études de cas construites dans un éclectisme chronologique souhaité et assumé, et croisée avec la problématique de la localité/localisation des écrits (comment le fait de regarder un écrit – y compris une œuvre littéraire – du point de vue de ce qu'il y a de localisé en lui déplace la construction de sa signification). D'autre part, le séminaire a accueilli plusieurs invités et, à trois reprises, s'est transformé en journée ou demi-journée d'étude.

« Voir le passé ? » a d'abord été abordé par Alain Cantillon à partir de la question de la visualisation dans deux fictions théoriques (« Voir Blaise Pascal écrire en 1966 » et « Voir Notre Dame de Paris en 1850 »). Marine Roussillon a interrogé les formes du « voir le Moyen-Âge » au XVIIe siècle à partir de son travail de doctorat. Dinah Ribard a proposé un dossier sur les personnages-reliques dans le roman du XIXe siècle et Laurence Giavarini sur la distance pastorale dans l'Astrée (« Voir l'immémorialité du passé ? »). Le déplacement chronologique a été poussé plus loin avec l'exposé de Mireille Corbier sur les aléas de la vision entre Antiquité et XXe siècle, autour d'une inscription romaine gravée. Deux séminaires ont été plus directement centrés sur la problématique de l'image : Pierre-Antoine Fabre a traité de la vision, de l'image et de l'imagination dans la culture jésuite de l'époque moderne et une séance a été consacrée à la question de la restauration de peintures du XVIIe siècle, avec la participation de deux restauratrices. Giovanni Careri a présenté une analyse des complexités du voir à la Chapelle Sixtine. Enfin deux doctorants, Maxime Perret et Clément Duyck sont intervenus sur ce thème avec, respectivement, un exposé sur « Les vues balzaciennes du Grand-Siècle dans les Scènes de la vie privée  » et « Les images du passé dans les Relations de Marie de l'Incarnation ».

« Localité/localisations » a été abordé au premier semestre par un ensemble de trois séminaires. Angelo Torre, professeur à l'Université du Piémont oriental et directeur d'études invité, a traité dans cette perspective d'« histoires de places » en Piémont au XVIIIe siècle et de Primi Visconti et l'histoire, et Nicolas Schapira a présenté un dossier intitulé : « Localisation ; l'écriture de la noblesse du Dauphiné entre Paris et Grenoble (XVIIe siècle) ». Au second semestre, trois doctorants ou post-doctorants ont proposé un travail sur cette question : Filippo d'Angelo a fait une intervention sur « Localisation et dépaysement dans l'œuvre de Giovanni Paolo Marana », Marion Lemaignan sur « Christine de Suède en voyage : de la ville à l'Europe, tentatives de localisation », et Marjorie Gaudemer sur « L'exhumation des théâtres en marges, ou les enjeux de la localisation en histoire socio-culturelle (fin XIXe-début XXe siècle). Sur la question des déplacements ou de la délocalisation d'une science, la théologie du XVIIe siècle, Xenia von Tippelskirch et Nicolas Schapira ont animé une séance intitulée « "Il y a bien de la théologie sous les robes de cette femme" : l'écriture de Mme Guyon peut-elle rencontrer celle de Jean Maillefer ? ».

En marge de ces deux thèmes, deux invités sont venus présenter leur travail, Michael Lucey, professeur à Berkeley et directeur d'études invité, sur « Sexualité et champ littéraire, France – XXe siècle », Stéphane Zékian, chargé de recherche au CNRS, sur « Nommer le XVIIe siècle au lendemain de la Révolution », et une étudiante de master, Mathilde Barbedette, est intervenue sur la mise en écriture d'un événement par René-Louis de Voyer d'Argenson (1694-1757) dans une pièce inédite, La Prison du Prince Charles-Edouard Stuart.

Enfin le Grihl, dans le cadre du travail sur « Voir le passé ? », a organisé une demi-journée d'étude autour du livre Les Scènes indésirables du psychanalyste Michel Gribinski, avec des interventions de Pierre Bergounioux, Alain Cantillon, Laurence Giavarini, Christian Jouhaud, Patrice Loraux, Hélène Merlin-Kajman. Judith-Lyon-Caen et Dinah Ribard ont pris en charge une demi-journée sur « Figures et activités du critique, XVIIIe et XIXe siècles » à laquelle a pris part Gisèle Sapiro (CSE). L'année universitaire s'est terminée, avant une ultime de séance de bilan, par une journée d'étude co-organisée avec le CARE et consacrée à « Ecritures et expériences : littérature et religion entre XVIIe et XIXe siècle ».

Publications :

- Dinah Ribard et Judith Lyon-Caen, L'Historien et la littérature, Paris, La Découverte , collection "Repères", 2010, 128 pages.

- Les Dossiers du Grihl  : http://dossiersgrihl.revues.org/ (dernier numéro en ligne : « Masculinité et "esprit fort" au début de l'époque moderne », dir. Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard et Cécile Soudan)

- « Femmes, irréligion et dissidences religieuses (XIVe-XVIIIe siècles), L'Atelier du Centre de recherches historiques, 04/2009, dir. Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard et Xenia von Tippelskirch : http://acrh.revues.org/index1204.html

- Xenia von Tippelskirch (dir.), « Ecritures radicales au Grand Siècle », Archives de sciences sociales des religions , 2010/2, n° 150.

 

2008-2009 : Voir le passé ?

Cette année a été celle de l'ouverture d'un nouveau chantier, « Voir le passé ? », auquel plusieurs séances exploratoires ont été consacrées. Deux séminaires de présentation, de proposition d'objets - le passé dans L'Anglaise et le Duc d'Eric Rohmer - et de pistes bibliographiques (Christian Jouhaud, Laurence Giavarini, Judith Lyon-Caen) ont été organisés au début de l'année. Jean-Luc Chappey a ensuite traité d'ordre et de désordre biographique dans les dictionnaires historiques (1750-1830), Manuel Charpy de la «  culture matérielle » et des « expériences du temps et de l'histoire dans les intérieurs parisiens du XIXe siècle », Sophie Houdard des mystiques du XVIIe siècle chez les aliénistes et les élèves de Charcot, Christian Jouhaud de « Voir le passé dans Maigret et les témoins récalcitrants  », le roman de Simenon, Marine Roussillon de « Voir le Moyen Age au XVIIe siècle » et Alain Viala de Camargo (« quand la littérature revoit la peinture XVIII-XIXe siècle »). Le dossier « Localisations » a été travaillé en parallèle : Jean-Pierre Cavaillé a analysé la figure et les productions de Beatrice Bugelli, « poetessa pastora » (1802-1885), Julien Goeury a étudié les processus de localisation dans les Œuvres (1601) d'André Mage de Fiefmelin et Dinah Ribard la recherche des origines menée à Caen à la fin du XVIIe siècle. Enfin, quelques séances ont été consacrées au livre collectif en cours de rédaction dans le cadre du thème précédent, « Ecriture et action », qui continue à nourrir notre réflexion : en témoigne, par exemple, la journée d'étude « Le prédicateur et la prédication », co-organisée avec le CARE le 2 juin 2009.

Le séminaire hebdomadaire du GRIHL se tient en alternance dans les locaux de l'EHESS et dans ceux de l'Université Paris III-Sorbonne nouvelle. Cette particularité a permis aux membres du groupe d'éprouver dans la durée la fécondité du travail en commun et inversement de se trouver en position de mesurer le risque de la mise en concurrence des établissements et des équipes. L'interdisciplinarité et la coopération entre établissements qui sont à la base des enquêtes collectives et des réflexions méthodologiques conduites au GRIHL ont, au cours du second semestre, incité les organisateurs du séminaire à se poser la question de la cohérence entre la réalité de leurs pratiques institutionnelles et scientifiques et les positions prises dans le conflit concernant les réformes de l'Université et de la recherche. Dans le cadre de l'opération « changeons le programme » (et, parallèlement, dans celui des « cours alternatifs » de Paris III), ont donc été organisées plusieurs séances consacrées soit à l'information et à la discussion sur tel ou tel aspect du mouvement en cours, soit à l'analyse des divers objets écrits produits dans le contexte de ce mouvement (« Ecrire dans l'action », les 10 et 17 mars 2009). La décision a été prise d'annuler d'autres séances dont la tenue aurait signifié une rupture de solidarité entre les collègues du GRIHL en grève à Paris III ou dans d'autres universités et ceux de l'EHESS ; cela non sans vives et intéressantes discussions au sein du groupe. Au cours de ce même second semestre, ont néanmoins été accueillis un directeur d'études invité et une maîtresse de confrences invitée : David Norbrook, Oxford University («  The Writing Shadow : Lucy Hutchinson and the Literature of English Republicanism ») et Mathilde Bombart, Rutgers University (« Ecritures et lectures à clé : histoires de déchiffrement et historiographie littéraire (XVIIe-XIXe siècles) »).

Au premier semestre, Déborah Blocker (University of Berkeley), a donné un séminaire sur « Dire l'« art » à Florence au XVIe siècle : poétiques au service du prince et poétiques hétérodoxes » et l'année universitaire a été inaugurée par un colloque franco-allemand de doctorants, en association avec l' International Graduate Center for the Study of Culture de l'Université de Giessen.

Publications :

-Christian Jouhaud, Dinah Ribard, Nicolas Schapira, Histoire, Littérature, Témoignage. Ecrire les malheurs du temps , Paris, Gallimard, 2009.

- Les Dossiers du Grihl, 2009-01.

 

2007-2008 : écriture et action (XVIe-XIXe siècles)

La mise au point du livre collectif issu de l'enquête « Ecriture et action » a occupé un nombre significatif de séances du séminaire au cours des deux semestres de l'année 2007-2008. C'est ainsi qu'un texte élaboré par Dinah Ribard et Nicolas Schapira reprenant les grandes questions méthodologiques et historiographiques soulevées par notre enquête (trame possible d'une future introduction) a d'abord été soumis à la discussion lors de deux séances. Ce travail a servi en outre à repérer des points qui devaient encore être clarifiés ou approfondis. Dans cet esprit, un séminaire a été consacré à un atelier de lecture sur « Montaigne et l'action » et un autre à la question paradoxale de l'inaction (« Ecrits d'inaction et actions d'écriture entre 1650 et 1700 »). D'autre part, des dossiers devant prendre place dans le livre ont été présentés sur « les secrétaires de l'Ancien Régime en action » (Nicolas Schapira), sur « jansénisme et polémique au temps de la Fronde » (Yasushi Noro, Université de Tokyo, dont les propositions ont été commentées par Christian Jouhaud et Eric Méchoulan, Université de Montréal) ; Dinah Ribard, Myriam Tsimbidy), sur « les “historiens informateurs ” à la fin du XVIIe siècle aux Provinces-Unies » (Marion Brétéché), sur « les relations de la course de bague des “ Plaisirs de l'Île enchantée” » (Marine Roussillon), sur « les actions d'écriture du poète Dassoucy » (Guy Catusse), sur « opposition politique et “ représentation poétique ” dans la première moitié du XIXe siècle » (Judith Lyon-Caen et Dinah Ribard), sur « les Perrault et leurs mondes sociaux » (Oded Rabinovitch, Brown University). Eléonore Serdeczny a de même présenté les aspects du travail de thèse qu'elle conduit sur la collection de mazarinades et les manuscrits de Dubuisson-Aubenay susceptibles de nourrir le travail sur « Ecriture et action ».

Plusieurs membres du GRIHL ont aussi évoqué celles de leurs recherches en cours ou en voie d'achèvement qui dialoguent avec ce travail collectif. Christian Jouhaud, Dinah Ribard et Nicolas Schapira ont fait le point sur leur livre Histoire, littérature, témoignage : le dossier des malheurs du temps  : ils ont successivement traité de l'écriture de la peste au XVIIe siècle, des « Mémoires » dans leur rapport à la question du témoignage, des « histoires tragiques » des historiens de l'Ancien Régime. Alain Cantillon a présenté une recherche en cours sur « le retour de Ravaillac en 1820 » et une réflexion conduite sur le livre de Louis Marin, Opacité de la peinture . Judith Lyon-Caen et Anne Martin-Fugier ont traité des « “mœurs parisiennes” et de l'écriture de l'actualité, de l'Empire à la monarchie de Juillet ».

Comme chaque année, le Grihl a également accueilli des interventions d'invités. Cette année ces interventions avaient été rassemblées au second semestre, après un premier semestre dévolu aux travaux collectifs en cours. Dena Goodman, directrice d'études invitée, est intervenue sur « le genre, la mobilité et l'écriture ou comment traverser le monde au XVIIIe siècle ». Maya Szymanowska, doctorante, a évoqué la figure de « Jean-André Morstin : un poète diplomate entre la France et la Pologne au XVIIe siècle ». Le séminaire du Grihl a eu aussi le plaisir de retrouver trois de ses membres que leurs fonctions ont éloigné de l'enquête collective qui s'achève : Caroline Callard (maître de conférences à l'Université de Paris IV) qui a présenté sa recherche sur « écriture et spectralité : du “droit de déguerpissement” des maisons hantées invoqué devant les parlements », Anna-Maria Forssberg (conservateur au Musée des armées de Stockholm) qui a traité de « propagande de guerre en Suède et en France au XVIIe siècle : une tentative de comparaison », Antoine Lilti (maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure) qui a évoqué « les paradoxes de la célébrité : l'écriture “paranoïaque” de J.-J. Rousseau ».

Enfin le Grihl, a organisé trois journées d'étude, l'une sous la responsabilité de Xenia von Tippelskirch (boursière Marie Curie et désormais professeur à l'Université de Bochum) sur « Radicalisme religieux et pratiques d'écriture à l'époque moderne » dans laquelle une séance du séminaire a été absorbée (les actes de cette journée de travail sont en cours de publication), une autre, prise en charge par Jean-Pierre Cavaillé, Alain Mothu et Filippo d'Angelo, sur «  L'équivoque blasphématoire » , une autre enfin organisée par Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard et Xenia von Tippelskirch sur « Femmes, irréligion et dissidences religieuses au début de l'époque moderne ».

Publications

Lire Michel de Certeau - La formalité des pratiques / Michel de Certeau lesen - Die Förmlichkeit der praktiken, Philippe Büttgen et Christian Jouhaud (dir.), Zeitsprünge, Forschungen zur Frühen Neuzeit, Vittorio Klostermann, Frankfurt am Main, 2008, 270 p.

Actes du colloque franco-allemand autour de « La formalité des pratiques » de Michel de Certeau, organisé à Göttingen, les 27-28 janvier 2006, en collaboration avec la Mission Historique Française en Allemagne.

Mise en ligne des 24 volumes du Mercure François (1605-1643) conservés dans le Fonds ancien de la Bibliothèque de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées à Marne-la-Vallée.

Les dossiers du Grihl, 2008-01, « Localités : localisation des écrits et production locale d'actions », Mathilde Bombart, Alain Cantillon et Cécile Soudan (dir.), publication en ligne, juillet 2008.

 

2006-2007 : Écriture et action (xvie-xixe siècles)

La perspective de l'achèvement de notre enquête consacrée à la question des rapports entre écriture et action nous a conduits d'une part à resserrer cette année les présentations en séminaire sur les objets travaillés par les auteurs du livre collectif en cours d'élaboration, d'autre part à solliciter des intervenants extérieurs au Grihl dont les recherches étaient susceptibles d'apporter un éclairage différent sur les problématiques de l'action, soit par leur écart chronologique, soit par leurs arrières plans théoriques.

C'est ainsi que Kate Tunstall (Université d'Oxford) a exposé sa manière d'envisager le croisement entre action de l'écriture et action de la peinture à la fin du XVIIe siècle, qu'Eckart Birnstiel (Université de Toulouse le Mirail) a présenté le manuscrit du protestant cévenol Jean Valat dans la perspective du décalage - producteur d'une théorie implicite de l'action par l'écriture - entre écriture du Refuge et actions du temps de la persécution et de l'exil. Martine Grinberg (EHESS) a évoqué une forme d'écriture spécifique, celle des coutumes dans la France du XVIème siècle, occasion de poser le problème de la pensée de l'action dans l'écriture juridique et les pratiques professionnelles des jurisconsultes. Mireille Corbier (CNRS) a, quant à elle, offert à notre réflexion le cas de la Rome antique, en présentant ses recherches, rassemblées dans un livre récent consacré aux écritures exposées. Trois autres conférenciers invités se sont efforcés de tourner vers notre problématique des objets et des analyses élaborés dans une autre perspective : Gisèle Sapiro (CNRS) sur la construction d'un habitus critique sous la Restauration , Gregory Brown (University of Las Vegas) sur l'historiographie du soi et le problème de la modernité, Jean-Pierre Van Elslande (Université de Neuchâtel) sur les constructions littéraires d'une histoire de l'enfance aux XVIe et XVIIe siècles.

Deux séances ont, par ailleurs, été consacrées par des membres du Grihl (A. Cantillon, J.-P. Cavaillé, L. Giavarini, D. Ribard, N. Schapira) aux perspectives théoriques ouvertes par deux ouvrages récents ainsi mis en discussion : celui dirigé par S . Laugier, Ethique, Littérature, vie humaine et celui de L. Thévenot, L'action au pluriel. Sociologie des régimes d'engagement . Ch Jouhaud a proposé une mise au point sur écriture polémique et action à partir du commentaire de la thèse récemment soutenue de T. Baranova-Debbagi centrée sur les écrits diffamatoires pendant les guerres de religion, M. Tsimbidy a présenté ses travaux sur le cardinal de Retz polémiste, tandis qu'A. Cantillon évoquait les conflits et controverses autour des Provinciales .

Plusieurs dossiers en cours d'achèvement ont été offerts à la discussion du séminaire : A . Cantillon autour de Pascal (écrits et actions de précarité, lieux de l'énonciation), J.-P. Cavaillé sur l'engagement lettré dans l'affaire Galilée, L. Giavarini sur la distance et l'action dans et autour de l' Astrée , X. von Tippelskirch sur les pratiques d'écriture au sein des mouvements mystiques de la fin du XVIIe siècle, A. Viala sur la censure et l'action d'écriture en 1665. Deux doctorantes sont également intervenues dans ce cadre : M. Bernard sur les actions d'écriture dans l'édification de la St Barthélemy en événement et J.-M. Hostiou sur écriture et action dans la querelle des théâtres (1680-1715).

Enfin une séance intitulée « action des écrits, action des livres » a accueilli pour une présentation et un débat les auteurs du numéro de la Revue de synthèse (2007, 1-2, « L'histoire par le livre ») dirigé par D. Ribard et N. Schapira, et une autre a été élargie à la dimension d'une demi-journée d'études autour du travail de J. Lyon-Caen, J. Carroy et M. Renneville sur les crimes littéraires au XIXème siècle.

Publications

" Ecriture et prison au début de l'âge moderne ". Cahiers du CRH, 2007, n°39, volume coordonné par Jean-Pierre Cavaillé. Textes de Jacques Berchtold, Mathilde Bombart, Guy Catusse, Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard , Christian Jouhaud, Michèle Rosellini et Cécile Soudan.

 

2005-2006 : Écriture et action (XVIe-xixe siècles)

Notre travail sur la question des rapports entre écriture et action commence à approcher du moment où il pourra donner naissance à un livre collectif. Dans cette perspective, nous avons voulu d'une part poursuivre la réflexion sur les préalables théoriques à un rapprochement conséquent de la notion d'action et de l'observation de pratiques d'écritures clairement situées et, d'autre part, multiplier ces points d'observation. A cette fin, l'éventail des objets choisis a été largement ouvert. On peut toutefois distinguer deux séries de séances dans le déroulement du séminaire, par ailleurs perturbé par les grèves étudiantes de mars et avril. Les unes ont été consacrées au croisement d'un questionnement sur une possible typologie des textes d'action et d'une interrogation sur les postures d'écriture prises dans l'action par différents types d'acteurs sociaux. Les autres l'ont été à des auteurs du XVIIe siècle regardés du point de vue de la problématique écriture et action.

De la première catégorie relèvent les interventions centrées sur des écrits - publiés ou non, imprimés ou manuscrits - qui ont en commun de prendre sens dans l'action qu'ils permettent de saisir. Les libelles en sont un exemple net (Héloïse Hermant sur les guerres de plume en Espagne à l'époque de la régence de Charles II). Mais bien d'autres écrits peuvent être abordés dans cette perspective (les « écrits paysans » étudiés par Dinah Ribard et Nicolas Schapira, les collections de procès constituées au XVIIe siècle étudiées par Hélène Fernandez). Les correspondances, parfois secrètes, parfois reproduites ou même publiées, racontent des actions et interviennent dans leur progression comme dans leur mise en mémoire (Jean-Pierre Cavaillé sur l'attentat commis à Rome contre J.-J. Bouchard, Filippo de Vivo sur les relazionides ambassadeurs vénitiens, Xenia von Tippelskirch et l'équipe qu'elle a commencé à rassembler pour travailler sur les rapports entre radicalisme religieux et radicalisme politique sur la correspondance d'action de la spirituelle Mectilde du Saint-Sacrement). Jusqu'à la rature comme action d'écriture - à l'autre extrémité par rapport aux libelles sur l'échelle des rapports de l'action d'écrire à la publication - saisie et analysée sur deux objets aussi différents que les Pensées de Pascal et les registres de l'Académie de peinture par Alain Cantillon et Alain viala.

La seconde série alternée de séminaires a été ouverte par une mise au point d'Alain Brunn sur La Rochefoucauld et l'action d'écriture, suivie par deux séances sur le cardinal de Retz (Jean-Pierre Cavaillé, Laurence Giavarini, Dinah Ribard, Nicolas Schapira), une séance sur Corneille (Sylvaine Guyot), une autre sur Bossuet prédicateur (Cinthia Méli), une enfin sur Charles Coypeau Dassoucy (Guy Catusse). Par ailleurs, le séminaire du Grihl s'est associé, cette année encore, pour deux séances avec celui de Pierre-Antoine Fabre, afin de rouvrir le dossier des Provinciales de Pascal du point de vue des rapports entre écriture et action (Alain Cantillon, Pierre-Antoine Fabre, Jean-Pascal Gay, Dinah Ribard).

La collaboration avec le séminaire de Pierre-Antoine fabre s'est en outre prolongée par une séance où a été accueillie l'équipe qui a assuré la réédition de l'Histoire littéraire du sentiment religieux de l'abbé Bremond pour une réflexion commune sur et autour de ce travail (Christian Jouhaud). Le Grihl a d'autre part accueilli quatre exposés d'invités : Jean-Luc Chappey sur les stratégies sociales et narratives dans l'écriture d'une histoire de la Révolution française, Patricia Toboul sur la pédagogie de Fénelon et les arts du dessin, Laurence Fontaine sur Shakespeare et les cultures de l'échange dans l'Europe moderne, Bruna Filippi sur les usages et les fonctions des emblèmes d'Alciato.

 

2004-2005 : Écriture et action

Les rapports entre l'écriture et l'action ont été abordés dans toutes les dimensions envisageables: action par l'écriture, action de l'écriture, action dans l'écriture, écritures de l'action. Ils seront repérés et questionnés à partir de quatre «terrains» :

1 - actions d'écriture et action politique (l'action d'écriture dans la politique, l'action politique dans l'écriture),

2 -  l'invention scripturaire de l'intérêt et de l'intéressant comme condition et comme  effet de la production et de la réception littéraires de l'écrit,

3 - écriture et réclusion : actions d'écriture de prisonniers au début de l'époque moderne,

4 - les «malheurs du temps et leurs témoins » (XVIIe siècle) : présence et évidence du malheur dit par ceux qui le vivent ou le voient (c'est la question du témoignage, souvent porté par des textes, littéraires ou non, dont le but n'est pas de témoigner), effets de la stylisation ou de la mise en forme comme action d'écriture qui porte ce malheur jusqu'à ceux qui sont amenés à en rendre compte dans leur travail de compréhension du passé: où (qu'est-ce qu'une écriture localisée ?), quand, comment le malheur se trouve-t-il construit comme événement ?

Pour citer ce document

, « Présentation du séminaire commun», grihl [En ligne], Enseignement, Séminaire commun, mis à jour le : 28/06/2017
, URL : http://grihl.ehess.fr/index.php?480.
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